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Définitions et distinctions cliniques

Rétention aiguë vs. chronique

La rétention urinaire est l’incapacité d’uriner ou la vidange incomplète de la vessie.

Bien que cette définition semble simple, elle recouvre deux réalités cliniques très différentes : la rétention urinaire aiguë (RUA) et la rétention urinaire chronique (RUC). La distinction entre les deux est cruciale car elle conditionne l'urgence et la stratégie de prise en charge.

La RUA : une urgence douloureuse

La rétention urinaire aiguë est un tableau clinique bruyant et sans équivoque. Le patient est incapable d'uriner subitement, malgré une envie impérieuse et extrêmement douloureuse. Cette douleur sus-pubienne est le maître symptôme.

À l'examen clinique, la vessie distendue est palpable, voire visible, formant ce qu'on appelle un tendu et mat à la percussion. C'est une urgence urologique qui nécessite une décompression vésicale immédiate.

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La physiopathologie de la RUA est souvent liée à une obstruction soudaine de l'urètre, par exemple par un adénome prostatique, un caillot sanguin ou un calcul. La vessie, tentant de vaincre l'obstacle, se contracte violemment et sans succès, augmentant la pression et la douleur de façon exponentielle.

Le traitement de la RUA est simple et direct : un sondage urinaire immédiat pour vider la vessie et soulager le patient.

La RUC : un trouble insidieux

À l'opposé, la rétention urinaire chronique est une condition qui s'installe progressivement, souvent sur des mois ou des années. La vessie ne se vide jamais complètement, laissant un volume d'urine résiduel significatif après chaque miction. Le patient peut ne ressentir aucune douleur, car la distension vésicale est lente et progressive, permettant à la paroi de s'adapter.

Les signes cliniques sont plus subtils : jet urinaire faible, mictions fréquentes (pollakiurie), besoin de pousser pour uriner et parfois une incontinence paradoxale par où l'excès d'urine s'écoule sans véritable contraction vésicale.

Ici, la physiopathologie implique une décompensation progressive du muscle détrusor. Face à une obstruction chronique ou à une atteinte neurologique, le muscle vésical lutte, s'hypertrophie, puis finit par s'épuiser et se distendre. Il perd sa tonicité et sa capacité contractile.

CaractéristiqueRétention Aiguë (RUA)Rétention Chronique (RUC)
DébutSoudain, brutalProgressif, insidieux
DouleurIntense, angoissanteSouvent absente ou légère gêne
SymptômesImpossibilité totale d'urinerJet faible, pollakiurie, gouttes
ExamenGlobe vésical tenduVessie souple, parfois palpable
UrgenceMédicale immédiatePrise en charge non-urgente
Risque principalDouleur, rupture vésicaleInsuffisance rénale chronique

Diagnostic et volumes

Le diagnostic repose sur la clinique et la mesure du résidu post-mictionnel (RPM), généralement par échographie sus-pubienne (BladderScan) ou par un sondage "aller-retour".

Pour la RUA, le diagnostic est évident : le patient ne peut pas uriner et le volume dans la vessie est souvent supérieur à 500 mL, parfois bien plus.

Pour la RUC, le diagnostic est confirmé par un RPM élevé et persistant. Bien qu'il n'y ait pas de consensus absolu, un RPM est généralement considéré comme pathologique lorsqu'il est constamment supérieur à 100-150 mL. Un volume > 300 mL est souvent considéré comme un seuil cliniquement significatif, indiquant une décompensation vésicale et un risque de complications au niveau du haut appareil urinaire (reflux, hydronéphrose).

La distinction entre ces deux entités est fondamentale. Une RUA est une urgence de soulagement. Une RUC est la gestion d'une condition de fond, visant à préserver la fonction rénale et à améliorer la qualité de vie du patient.

Quiz Questions 1/5

Quel est le symptôme principal et le plus caractéristique de la rétention urinaire aiguë (RUA) ?

Quiz Questions 2/5

Laquelle de ces affirmations décrit le mieux la physiopathologie de la rétention urinaire chronique (RUC) ?