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Modèle d'accrétion de Makkonen

Modélisation de l'accrétion de glace

L'estimation du taux de givrage massique sur une structure, comme une pale d'éolienne, repose sur une modélisation précise des phénomènes physiques en jeu. Le modèle de Makkonen offre une base robuste pour cette analyse. Il exprime le taux de changement de la masse de glace (M) en fonction des conditions environnementales et des propriétés de la surface.

dMdt=α1α2α3wAV\frac{dM}{dt} = \alpha_1 \alpha_2 \alpha_3 \cdot w \cdot A \cdot V

Le produit de ces trois coefficients d'efficacité détermine la fraction de l'eau liquide en suspension qui contribue réellement à la croissance de la glace. α1\alpha_1, l'efficacité de collision, dépend de la capacité des gouttelettes d'eau à suivre les lignes de courant de l'air autour de l'objet. Pour les petites gouttelettes ou les grands objets, l'inertie est insuffisante et elles contournent la surface. Nous modélisons souvent ces trajectoires via une approche lagrangienne où chaque gouttelette est suivie individuellement, ou une approche eulérienne qui résout le champ de concentration des gouttelettes.

Bilan thermique et nature du givre

Une fois qu'une gouttelette entre en collision (α1>0α_1 > 0) et s'accroche (α2=1α_2 = 1 pour des températures inférieures à 0°C), la nature de la glace formée (givre blanc ou transparent) dépend du bilan thermique à la surface. Le bilan de Messinger est un bilan énergétique qui détermine si toute l'eau surfondue gèle instantanément à l'impact.

Ce bilan s'écrit : qf+qk+qw=qc+qe+qsq_f + q_k + q_w = q_c + q_e + q_s

Si le flux de chaleur entrant (congélation, énergie cinétique, chaleur sensible de l'eau) est inférieur ou égal au flux sortant (convection, évaporation/sublimation), toute l'eau gèle à l'impact, formant du givre blanc (rime ice). C'est un régime sec. Dans le cas contraire, un film d'eau liquide se forme, s'écoule et gèle progressivement, créant du givre transparent (glaze ice). C'est un régime humide, où le coefficient d'accrétion α3\alpha_3 devient inférieur à 1.

La rugosité de la surface joue un rôle crucial en modifiant le coefficient de transfert de chaleur par convection. Le modèle de Shin-Bond est souvent utilisé pour estimer cette rugosité dynamique en fonction de la taille des gouttelettes et des conditions de congélation.

Implémentation numérique

En pratique, nous discrétisons la surface de la pale en un maillage 3D. Pour chaque élément du maillage, nous calculons l'efficacité de collision locale, β\beta, souvent à l'aide d'un solveur de trajectoire de gouttelettes. Le taux de collecte d'eau massique local est alors dm˙coll=βwVdAd\dot{m}_{coll} = \beta \cdot w \cdot V \cdot dA.

L'implémentation vectorielle avec NumPy est essentielle pour la performance. Plutôt que de boucler sur chaque face du maillage, on exprime les calculs de flux et le bilan de Messinger comme des opérations sur des tableaux entiers.

import numpy as np

# Supposons des tableaux NumPy existants pour un maillage de N éléments:
# beta: efficacité de collision locale (N,)
# A_elements: aires des éléments (N,)
# T_surface: températures de surface (N,)
# V_local: vitesses locales de l'air (N,)

# Paramètres physiques
w = 5e-4  # Teneur en eau liquide (kg/m^3)
V_inf = 90.0 # Vitesse du vent en champ lointain (m/s)
h_c = 150.0 # Coefficient de transfert de chaleur par convection (W/m^2.K)

# 1. Calcul du taux de collecte d'eau
dot_m_coll = beta * w * V_inf * A_elements

# 2. Résolution simplifiée du bilan de Messinger (régime sec supposé)
# Le flux de chaleur à évacuer pour congeler toute l'eau collectée
L_f = 3.34e5 # Chaleur latente de fusion (J/kg)
q_freezing = dot_m_coll * L_f

# Le flux de chaleur que la convection peut évacuer
T_air = -5.0 # Température de l'air (°C)
q_convection = h_c * A_elements * (T_surface - T_air)

# 3. Détermination du taux de givrage et du type de glace
# Si q_convection > q_freezing, tout gèle (régime sec)
f_freezing = np.minimum(q_convection / q_freezing, 1.0)
dot_m_ice = f_freezing * dot_m_coll

# f_freezing < 1.0 indique un régime humide (glaze ice)
wet_regime_indices = np.where(f_freezing < 1.0)

print(f"Taux de givrage total: {np.sum(dot_m_ice):.4f} kg/s")

Ce code schématise l'approche. Une implémentation complète résoudrait le bilan thermique de manière itérative, car la température de surface elle-même dépend du taux de congélation, et inclurait les autres termes du bilan comme l'évaporation. La bibliothèque SciPy peut être utilisée pour trouver les racines de l'équation non linéaire du bilan énergétique pour chaque élément.

Lesson image

Il est maintenant temps de tester vos connaissances.

Quiz Questions 1/6

Dans le modèle de Makkonen, que représente le produit des trois coefficients d'efficacité (α1,α2,α3\alpha_1, \alpha_2, \alpha_3) ?

Quiz Questions 2/6

Selon le bilan énergétique de Messinger, quel type de glace se forme lorsque le flux de chaleur entrant (congélation, énergie cinétique, etc.) est inférieur au flux de chaleur sortant (convection, évaporation) ?

La maîtrise de ces modèles permet de prédire avec précision l'accumulation de glace, une étape indispensable pour la conception et l'exploitation sécuritaire des systèmes exposés à des conditions de givrage.